samedi 12 mai 2018

Sayed Hasan

La Syrie impose de nouvelles règles de confrontation à Israël

Dans la nuit de mercredi 9 à jeudi 10 mai 2018, un échange de frappes sans précédent a eu lien entre Israël et la Syrie. Les médias dominants, ainsi que certains médias « alternatifs » comme Russia Today (ou même Mediapart, pour les ingénus qui le classeraient dans cette catégorie), se sont empressés de relayer la version des faits de l’armée israélienne, selon laquelle l’entité sioniste aurait « riposté » à une « attaque iranienne menée par la Force Al-Quds des Gardiens de la Révolution » consistant en un tir de « vingt roquettes » contre des positions israéliennes dans le Golan occupé, dont quatre auraient été « interceptées par le Dôme de Fer » israélien et les autres se seraient « écrasées en territoire syrien », aucun dégât n’étant recensé en Israël. Israël aurait répondu à cet « acte d’agression » inédit par une « opération de grande envergure » qui aurait détruit « l’ensemble de l’infrastructure iranienne en Syrie », afin de dissuader la République Islamique de toute velléité de frappe future.
Ce récit prend pour argent comptant les postulats, données et mythes de la propagande de l’entité sioniste – qui impose aux médias israéliens une censure militaire permanente, exposant tout contrevenant à une peine de prison ; et à en lire les médias internationaux, on pourrait croire que comme les sanctions économiques américaines, cette censure est extraterritoriale –, mais aucun d’entre eux ne résiste à l’analyse.
L’agresseur est indubitablement Israël, qui a réalisé plus d’une centaine de frappes contre la Syrie depuis le début du conflit. Après la mise en scène chimique de Douma, ses agressions se sont intensifiées avec les attaques contre la base syrienne T-4 le 9 avril, qui ont notamment tué 7 Gardiens de la Révolution Islamique d’Iran. Suite à l’annonce américaine de retrait de l’accord sur le nucléaire iranien, de nouvelles frappes israéliennes ont ciblé des positions syriennes mardi 8 mai dans la banlieue sud de Damas, et mercredi 9 mai à Quneitra, au sud du pays. Incontestablement, la Syrie n’a fait que riposter à une énième agression, avec une fermeté qui a ébranlé Israël et l’a contraint à sortir du mutisme auquel il se confine habituellement.
La riposte syrienne – et non iranienne – a consisté en un tir de plus de cinquante – et non pas vingt – roquettes contre quatre bases militaires israéliennes sensibles dans le Golan occupé, qui ont causé des dégâts matériels et même des pertes humaines selon Al-Manar, le média du Hezbollah. Celles-ci n’ont pas été rapportées par la presse israélienne du fait de la censure militaire drastique interdisant de mentionner l’agression initiale d’Israël, d’évoquer un tir de plus de vingt roquettes, d’identifier leurs cibles et de parler des dommages infligés, ce afin de rassurer la population à l’intérieur et de permettre aux capitales occidentales vassales d’égrener leur refrain du sacro-saint-droit-d’Israël-à-se-défendre. La chaine libanaise Al-Mayadeen a précisément identifié les postes militaires frappés : 1/ un centre militaire de reconnaissance technique et électronique ; 2/ le poste de sécurité frontalière et de renseignement 9900 ; 3/ un centre militaire de brouillage électronique ; 3/ un centre militaire d’espionnage de réseaux sans fil et filaires ; 4/ une station de transmission ; 5/ un observatoire de l’unité d’armes de précision pendant les opérations au sol ; 6 / un héliport de combat ; 7 / le quartier général du commandement militaire régional de la brigade 810 ; 8/ le centre de commandement du bataillon militaire à Hermon ; 9/ le quartier général d’hiver d’une unité spéciale alpine. Et comme cette chaine l’a rapporté, même les journalistes et analystes israéliens ont pu exprimer des doutes sur cette version peu crédible selon laquelle ces frappes massives, sans précédent depuis 1974 et donc inattendues, se seraient révélées inoffensives, ainsi que leurs craintes d’une escalade. Du reste, comme l’a souligné Norman Finkelstein, rien n’a changé pour Israël entre les guerres à Gaza de 2008 et 2014 malgré le déploiement du « Dôme de Fer », seulement 5% des roquettes – largement primitives – du Hamas ayant été interceptées durant l’opération « Bordure Protectrice » ; et l’un des meilleurs spécialistes de la défense antimissile, Théodore Postol du MIT, a déjà révélé les déficiences chroniques de ce système. Il est invraisemblable qu’il ait pu mieux faire face aux lance-roquettes multiples russes, chinois et iraniens bien plus sophistiqués que possède la Syrie.
Le succès des frappes israéliennes, qui, à en croire le Ministre de la Guerre israélien Avigdor Lieberman, auraient détruit presque « l’ensemble de l’infrastructure iranienne », est largement exagéré : les responsables militaires russes, dont les radars ont suivi ce combat en temps réel, ont annoncé que plus de la moitié des 60 missiles tirés par 28 F-15 et F-16 israéliens – ainsi que des 10 missiles sol-sol – ont été interceptés. L’armée syrienne recense 3 morts et 2 blessés, une station radar et un entrepôt de munitions détruits et des dégâts matériels sur des unités de défense anti-aériennes syriennes. Ces dernières ont déjà démontré leur efficacité face aux frappes de Tel-Aviv, Washington, Londres et Paris, contrairement au mythique « Dôme de Fer » israélien dont la fonction principale est de rassurer la population.
La présence même de bases militaires iraniennes et/ou d’importants contingents iraniens en Syrie est une fable : l’Iran n’y dispose que d’une présence modeste (essentiellement composée de conseillers militaires, effectivement issus du corps des Gardiens de la Révolution Islamique), contrairement au Hezbollah ou à la Russie. Robert Fisk souligne bien que les allégations israéliennes au sujet de la présence de missiles iraniens en Syrie ont probablement été concoctées « de concert avec l’administration Trump », que la présence iranienne est « bien moindre que ce que s’imagine l’Occident », et que toutes les déclarations israéliennes doivent être rapportées avec la plus grande circonspection. Tout reportage objectif sur ces événements devrait ressembler à celui de Robert Fisk : « Les Américains ont dû être informés en amont des dernières frappes israéliennes de la nuit dernière, supposément contre les forces iraniennes en Syrie après une attaque supposée de roquettes iranienne contre les forces israéliennes sur le Golan – et il est important d’utiliser le mot « supposé » et de ne pas prendre tout cela pour argent comptant. »  En effet, ces prétendues attaques inattendues étaient annoncées depuis des jours par l’armée israélienne, qui avait déjà mené une prétendue « frappe préventive » – bien plutôt une provocation – le 8 mai.
La « ligne rouge » que cette soi-disant présence iranienne constituerait pour Israël est démentie par le fait que Tel-Aviv n’a cessé, depuis le début du conflit, de ralentir la progression de l’Armée Arabe Syrienne et, sous de multiples prétextes (livraison d’armes au Hezbollah, riposte à des tirs réels ou supposés depuis le Golan, etc.), d’assister les groupes terroristes armés de toutes les manières possibles : armes, informations, frappes aériennes coordonnées avec les offensives, soins médicaux aux djihadistes, etc. Israël, le seul pays au monde qui ne craint officiellement rien (et n’a effectivement rien à craindre) de Daech, a vu la situation en Syrie virer du rêve – voir une myriade de groupes terroristes abattre le seul régime arabe anti-israélien et saigner le Hezbollah – au cauchemar – faire face à ses frontières à un Hezbollah, une armée syrienne et un Iran plus puissants et aguerris que jamais, et alliés à la Résistance palestinienne, à l’Irak et au Yémen, ainsi qu’à la Russie –, ne fait que poursuivre son œuvre déstabilisatrice sous de nouveaux prétextes, et de manière plus directe : Hassan Nasrallah, le Secrétaire Général du Hezbollah, avait bien annoncé qu’après la défaite des proxies en Syrie, leurs commanditaires pourraient intervenir de plus en plus ouvertement.
L’Iran, dont l’opposition au projet raciste et colonialiste d’Israël est un principe et même un dogme depuis le triomphe de la Révolution Islamique en 1979, n’est pas facilement provoqué à une réaction épidermique, et a toujours préféré agir avec patience et sur le long terme – souvenons-nous de sa retenue après le massacre de ses diplomates en Afghanistan en 1998. L’objectif de l’Iran n’est pas de mener une simple opération de représailles pour venger ses officiers et soldats délibérément (ou accidentellement, comme ce fut le cas à Quneitra en janvier 2015) tués par Israël, mais bien d’œuvrer à la libération complète de la Palestine en mettant fin au « régime sioniste » illégitime, à l’image du  régime d’Apartheid en Afrique du Sud, qui s’est effondré après sa défaite militaire en Angola et en Namibie – contre des mulâtres cubains, considérés avec autant de racisme que le suprématisme juif israélien considère les ArabushimComme l’a souligné Hassan Nasrallah, l’agression directe d’Israël contre les forces iraniennes en Syrie constitue un tournant majeur dans l’histoire du conflit israélo-arabe – ou plutôt israélo-arabo-perse –, et Israël doit maintenant s’attendre à affronter directement les forces iraniennes – que ce soit en Syrie, en Palestine occupée ou même ailleurs. Du reste, lorsque les missiles iraniens entrent en scène, ils sont lancés depuis le territoire de la République Islamique et avec un succès indéniable, comme l’ont montré les frappes contre Daech à Deir-Ez-Zor le 18 juin 2017, en représailles aux attaques terroristes survenues à Téhéran.
Comme on le voit, la réalité ne saurait être plus différente de la fable qui a été propagée par la majorité des médias. Les « journalistes » qui reprennent docilement les éléments de langage d’Israël se transforment en officines de propagande de Tsahal et de la véritable « diplomatie du mensonge » mise en place par Netanyahou. Israël ment en effet constamment au monde – et, de plus en plus, à sa propre population. Et lorsque ses actions inconsidérées ont des répercussions désastreuses, il publie des communiqués hâtifs dans lesquels il se présente comme une victime d’une part, tout en affirmant d’autre part, via Lieberman et via la Russie, n’avoir aucune intention de se diriger vers une escalade et espérer qu’on s’en tiendra là – proclamer le succès de ses frappes de représailles est un moyen de faire comprendre qu’il ne veut pas aller plus loin. Les médias internationaux se sont contentés de reprendre ces déclarations immédiatement après les premières attaques, sans la moindre distance critique. Les acteurs rationnels comme l’Iran, la Syrie et le Hezbollah – ou la Russie –, pour leur part, ne sont pas si pressés de s’exprimer et de confirmer ou infirmer les allégations des uns et des autres, laissant leurs adversaires s’empêtrer dans leurs mensonges, et certains de la primauté de la réalité du terrain qui leur devient plus favorable de jour en jour. Du reste, le fait qu’un revers cuisant pour Israël, qui renverse littéralement la donne stratégique, soit transformé en un succès militaire par la propagande sioniste et atlantiste, et conjugué à des protestations israéliennes de non-belligérance, ne peut que conforter l’Axe de la Résistance dans ses choix.
Yoav Kish, membre de la Knesset cité par Al-Manar, a souligné qu’indépendamment même de l’auteur des frappes et de leurs résultats – que la censure interdisait d’évoquer –, il s’agissait d’un revirement majeur dans l’histoire des guerres d’Israël, qui se voit attaquer depuis la Syrie. En effet, les installations militaires du Golan sont maintenant directement prises pour cibles suite aux agressions israéliennes, et non plus seulement l’aviation israélienne, qui a déjà vu son fleuron – le F-16 – se faire abattre le 10 février 2018. Les journalistes et analystes israéliens ont également souligné les répercussions psychologiques et économiques de cet incident, plus de 20 000 colons du Golan ayant dû retrouver précipitamment, en pleine nuit, les chemins des refuges (combien seront-ils à la prochaine escalade ?), et le début de la période estivale ayant été inauguré par une vague de suppressions de réservations d’hôtel du fait des craintes d’une guerre entre Israël et l’Iran. L’entité sioniste, qui inflige sans émoi les pertes et dégâts les plus considérables aux Palestiniens et à ses voisins, est pour sa part gravement ébranlée par les moindres pertes, insupportables pour la société israélienne – d’où la sévérité de la censure militaire.
L’accusation contre l’Iran s’explique par des facteurs essentiels (le racisme foncier de la société israélienne et de son Premier ministre, qui croient plus volontiers à une dangerosité de l’Iran perse qu’à celle de la Syrie arabe) et conjoncturels – un refus d’assumer les conséquences de la politique suicidaire du gouvernement Netanyahou, qui l’a amené à une confrontation directe avec l’ensemble de l’Axe de la Résistance, pour ne pas dire avec la Russie. Et surtout, Israël veut capitaliser sur le retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire iranien pour faire avancer sa principale obsession, plus ancienne que la crise syrienne, à savoir le programme balistique de Téhéran auquel il veut que l’Occident mette fin en exploitant le sempiternel prétexte nucléaire – rappelons que la fabrication, la possession et l’usage de l’arme nucléaire sont illicites en Islam selon l’Imam Khomeini et Ali Khamenei, autorités suprêmes en Iran. Netanyahou a  clairement affirmé qu’une guerre avec l’Iran est inévitable, et qu’il vaut mieux qu’elle se produise maintenant que plus tard. Depuis 2005, il espère vainement que les Etats-Unis et ses vassaux européens pourront la mener pour lui, mais aucune négociation, sanction ou agression ne pourra jamais faire plier l’Iran. Et de même que les frappes israéliennes du 9 avril, censées encourager Washington, Londres et Paris à des frappes sévères contre la Syrie, se sont soldées par un échec cuisant, Israël n’a fait qu’aggraver sa situation et se retrouve une fois de plus seul face aux conséquences désastreuses de ses actes, à la mesure de l’arrogance aveugle qui les a déclenchés.
Et la Russie dans tout cela ? La présence de Netanyahou à Moscou pour la commémoration du 73e anniversaire de la victoire de l’URSS contre le nazisme, et les rapports selon lesquels la Russie ne livrerait pas les S-300 à la Syrie, ne doivent pas induire en erreur. La Russie s’est beaucoup trop investie en Syrie pour permettre à quiconque – qu’il s’agisse de Washington, Tel-Aviv, Riyad ou Ankara – de réduire ses efforts à néant. Elle a affirmé qu’elle ne tolèrerait plus de frappes occidentales contre la Syrie en cas de nouvelle mascarade chimique, et qu’elle fournirait à Damas non pas le système anti-aérien S-300, mais bien, selon les propos de Sergueï Lavrov, « tout ce qui est nécessaire pour aider l’armée syrienne à prévenir toute agression. » Les systèmes de défense actuels, renforcés de jour en jour, ont déjà largement fait leurs preuves – notamment le Pantsir, bien plus adapté aux besoins de l’armée syrienne –, et permettent d’envisager le jour où Israël aura perdu son seul avantage, à savoir la suprématie aérienne, sans laquelle son armée prétendument invincible ne pourrait pas même tenir tête à Gaza. L’utilisation par Israël de missiles sol-sol pour la première fois, et la concentration des attaques sur les défenses anti-aériennes syriennes – Tsahal a publié la vidéo de la destruction d’un système Pantsir S-1, probablement inactif –, prouve qu’il est bien conscient de ses limites.
Il est évident que les agressions israéliennes contre la Syrie seront de plus en plus coûteuses, tant pour l’aviation israélienne que pour ses bases militaires intérieures et sa population, du fait de la détermination de la Syrie et de ses alliés (le Hezbollah et l’Iran) à riposter à toute agression, de leur expérience et de leurs nouvelles capacités, et de leurs succès sur le terrain. L’Axe de la Résistance, dont la Russie ne fait pas partie, est dorénavant capable de faire face à Israël directement, avec un front uni et sans craindre une escalade. Quant à Israël, déjà débordé par les manifestations pacifiques à Gaza qui doivent culminer le 15 mai, il n’est pas prêts à la guerre contre un seul des membres de l’Axe de la Résistance, et encore moins contre plusieurs simultanément. La nouvelle équation imposée par l’armée syrienne le 10 mai est plus redoutable pour Israël que la perspective de la perte d’un autre F-16, car Damas a montré sa détermination à porter la guerre sur le territoire ennemi, et à frapper l’entité sioniste en profondeur.
L’Axe de la Résistance aura prochainement les yeux rivés sur le Golan occupé, que la Syrie n’a jamais renoncé à libérer par les armes – un droit conféré par le droit international même, ce territoire étant reconnu comme syrien par l’ensemble de la communauté internationale : toute opération syrienne y relève de la résistance légale et légitime contre l’agression israélienne commise en 1967 et l’occupation subséquente, même sans nouvelle provocation. Dès mai 2013, Hassan Nasrallah avait annoncé la participation du Hezbollah à l’ouverture d’un nouveau front sur le Golan. En mars 2017, la Brigade de Libération du Golan a été formée par le Hezbollah irakien, Harakat al-Nujaba, un mouvement soutenu par l’Iran et ayant participé à la libération de l’Irak et de la Syrie face à Daech. Aujourd’hui, les frappes syriennes dans le Golan occupé ouvrent incontestablement un nouveau chapitre dans l’histoire des guerres israélo-arabes, dans lequel Israël sera de plus en plus acculé à une position défensive. Verrons-nous prochainement Tsahal élever une muraille à la frontière du Golan occupé pour entraver toute invasion future, comme c’est le cas à la frontière libano-israélienne afin de prévenir toute incursion du Hezbollah en Galilée ? Quoi qu’il en soit, la prochaine guerre contre Israël bouleversera complètement la carte du Moyen-Orient.
Sayed Hasan

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Syria Imposes New Rules of Engagement on Israel

by Sayed Hasan translated for the Saker Blog

Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2018/05/la-syrie-impose-de-nouvelles-regles-de.html

On Thursday 10th May 2018, an unprecedented exchange of strikes happened between Israel and Syria. The mainstream media, as well as some “alternative” media like Russia Today, were quick to relay the Israeli army version, according to which the Zionist entity “retaliated” to an “Iranian attack by Revolutionary Guards’ Al-Quds Force” consisting of “twenty rockets” fired at Israeli positions in the occupied Golan, four of which were “intercepted by the Iron Dome” and the others “crashed into Syrian territory”, no damage being recorded in Israel. Israel has reportedly responded to this unprecedented “act of aggression” by a “large-scale operation” that would have destroyed “the entire Iranian infrastructure in Syria”, in order to deter the Islamic Republic from any stray impulse of future strikes.

This narrative takes for granted the postulates, data and myths of the Zionist entity’s propaganda – which imposes permanent military censorship on the Israeli media, exposing any offender to a prison sentence; and reading the international media, one might get the idea that, like American economic sanctions, this censorship is extraterritorial – but none of them can withstand scrutiny.

The aggressor is undoubtedly Israel, who carried out more than a hundred strikes against Syria since the beginning of the conflict. After Duma’s chemical stage attacks, this aggresion intensified with attacks on the Syrian T-4 base on April 9, which killed 7 Iranian Revolutionary Guard. Following the US announcement of withdrawal from the Iran nuclear deal, new Israeli strikes targeted Syrian positions on Tuesday (May 8th) in the southern suburbs of Damascus, and Wednesday (May 9th) in Quneitra, in the south of the country. Undeniably, Syria has only responded to yet another aggression, with a firmness that has shaken Israel and forced it out of the muteness to which it usually confines itself.

The Syrian – and not Iranian – response consisted of more than fifty – and not twenty – rockets against four sensitive Israeli military bases in the occupied Golan, which caused material damage and even casualties according to Al-Manar, Hezbollah’s media. These were not reported by the Israeli press because of the draconian military censorship forbidding mentioning Israel’s initial aggression, more than twenty rockets fired on Israel, the identification of their targets and any hint to the damage inflicted, in order to reassure the population inside and allow the vassal Western capitals to shout their sickening refrain of the sacrosanct-right-of-Israel-to-defend-itself. The Lebanese channel Al-Mayadeen specifically identified the military posts struck: 1/ a military technical and electronic reconnaissance center; 2/ border security and intelligence station 9900; 3/ a military center for electronic jamming; 3/ a military spy center for wireless and wired networks; 4/ a transmission station; 5/ an observatory of precision weapons unit ; 6/ a combat heliport; 7/ the headquarters of the Regional Military Command of Brigade 810; 8/ the command center of the military battalion at Hermon; 9/ winter headquarters of a special alpine unit. And as this channel has reported, even Israeli journalists and analysts have expressed doubts about this unconvincing version according to which these massive strikes, unprecedented since 1974 and therefore unexpected, would have proved harmless. Moreover, as Norman Finkelstein pointed out, nothing has changed for Israel’s wars in Gaza from 2008 to 2014 despite the deployment of the “Iron Dome”, only 5% of the – largely primitive – Hamas rockets being intercepted during “Protective Edge”; and one of the best missile defense specialists, Theodore Postol of MIT, has already revealed the chronic deficiencies of this system. It is unlikely that it was able to cope better with the much more sophisticated Russian, Chinese and Iranian rocket launchers that Syria has.

The success of the Israeli strikes, which, according to Israeli War Minister Avigdor Lieberman, almost destroyed “all of Iran’s infrastructure in Syria”, is largely exaggerated: Russian military officials, whose radars have followed this fight in real time, announced that more than half of the 60 missiles fired by 28 Israeli F-15s and F-16s – as well as 10 ground-to-ground missiles – were intercepted. The Syrian army records 3 dead and 2 wounded, a radar station and ammunition depot destroyed and material damage to Syrian anti-aircraft defense units. The latter have already demonstrated their effectiveness against strikes from Tel Aviv, Washington, London and Paris, unlike the mythical “Iron Dome” whose main role is to reassure the Israeli population.

The very presence of Iranian military bases and / or large Iranian contingents in Syria is a fable: Iran has only a modest presence (essentially composed of military advisers, indeed from the body of the Islamic Revolutionary Guards), unlike Hezbollah or Russia. Robert Fisk points out that “an Israeli statement that the Iranians had missiles in Syria was surely made in concert with the Trump administration”, that the Iranian forces in Syria are “far fewer than the West imagines” and that all Israeli statements should be reported with the utmost circumspection. Any objective reporting on these events should resemble that of Robert Fisk: “The latest overnight Israeli air strikes, supposedly at Iranian forces in Syria after a supposed Iranian rocket attack on Israeli forces in Golan – and it’s important to use the “supposed” and not take all this at face value – must have been known to the Americans in advance.” Indeed, these so-called unexpected attacks had been announced for days by the Israeli army, which had already conducted a so-called “preemptive strike” – rather a provocation – on May 8.

The “red line” that this alleged Iranian presence would pose to Israel is belied by the fact that Tel Aviv has, since the beginning of the conflict, been steadily slowing the progress of the Syrian Arab Army and, using various pretexts (delivery of arms to Hezbollah, response to actual or suspected gunfire from the Golan Heights, etc.), assisting armed terrorist groups in any way possible: weapons, intelligence, airstrikes coordinated with ground offensives, medical care, etc. Israel, the only country in the world that officially does not fear anything (and indeed has nothing to fear) from ISIS, Al-Qaeda and the like, has seen the situation in Syria turn from a dream – see a myriad of terrorist groups tear down the only anti-Israeli Arab regime, back of the Resistance Axis, and bleed Hezbollah – into a nightmare – to face Hezbollah, Syrian and Iran forces more battle-hardened and powerful than ever, and allied with the Palestinian Resistance, Iraq and Yemen, as well as Russia –, is only continuing its destabilizing work under new pretexts, and more directly: Hassan Nasrallah, the Secretary General of Hezbollah, had announced that after the defeat of proxies in Syria, their sponsors could either give up or intervene more and more openly.

Iran, whose opposition to the racist and colonialist project of Israel has been a principle and even a dogma since the triumph of the Islamic Revolution in 1979, is not easily provoked into an ill-thought reaction, and has always preferred to act with patience for long-term objectives – let us remember its restraint after the massacre of Iranian diplomats in Afghanistan in 1998. The goal of Iran is not to carry out a simple reprisal operation to avenge his officers and soldiers deliberately (or accidentally, as was the case in Quneitra in January 2015) killed by Israel, but to work for the complete liberation of Palestine by putting an end to the illegitimate “Zionist regime”, just like the Apartheid regime in South Africa, which, by the way, collapsed after its military defeat in Angola and Namibia against Cuban mulattoes, then viewed with as much racism as Israeli Jewish supremacism considers Arabushim. As Hassan Nasrallah pointed out, Israel’s direct aggression against Iranian forces in Syria is a major turning point in the history of the Israeli-Arab – or rather, Israeli-Arab-Persian – conflict, and Israel must now get ready to confront the Iranian forces directly – whether in Syria, occupied Palestine or even elsewhere. Moreover, when the Iranian missiles enter the scene, they are launched from the territory of the Islamic Republic and with undeniable success, as shown by the strikes against ISIS at Deir-Ez-Zor on June 18, 2017, in retaliation for terrorist attacks in Tehran.

As we can see, the reality cannot be more different from the fable that has been propagated by the majority of the media. “Journalists” who tamely take over Israel’s talking points turn into IDF propaganda outlets and mere agents of Netanyahu’s “diplomacy of lies”. Israel is indeed constantly lying to the world – and, increasingly, to its own people. And when its reckless actions have disastrous repercussions, it publishes hasty and contradictory communiqués in which it presents itself both as a victim and as a hawkish punisher, while also claiming, through Lieberman and via Russia, to have no intention of stepping into an escalation and hoping things will stop there – proclaiming the success of its retaliatory strikes is also a way to say it does not want/need to go any further. The international media contented itself with repeating these statements immediately after the first attacks, without any critical distance. Rational actors like Iran, Syria and Hezbollah – or Russia – are not in such a hurry to speak out and confirm or deny other’s claims, leaving their opponents getting entangled in their lies, and trusting in the primacy of the battlefield that becomes more favorable to them day by day. Moreover, the fact that a bitter setback for Israel, which literally reverses the strategic situation, is transformed into a military success by Zionist and Atlantist propaganda, and combined with Israeli protests of non-belligerency, can only confirm the Resistance Axis in its choices.

Yoav Kish, a member of the Knesset quoted by Al-Manar, stressed that regardless of the author of the strikes and their results – that censorship forbade from mentioning –, it was a major shift in the history of the wars of Israel, which is being attacked from Syria. Indeed, the Golan military installations are now directly targeted as a result of Israeli aggressions, and not just the Israeli air force, which has already seen its finest – the F-16 – be shot down on February 10, 2018. The journalists and Israeli analysts also pointed out the psychological and economic repercussions of this incident, with more than 20,000 Golan settlers having had to hastily find their way back to the shelters in the middle of the night (how much will they be at the next escalation?), and the beginning of the summer period having been ushered in by a wave of hotel reservation deletions due to fears of a war between Israel and Iran. The Zionist entity, which unabashedly inflicts the greatest loss and damage to the Palestinians and its neighbors, is severely shaken by the slightest losses, unbearable for Israeli society.

The accusation against Iran is explained by essential factors (the inherent racism of Israeli society and its Prime Minister, who more willingly believe in a dangerousness of Persian Iran than in that of Arab Syria) and circumstantial – a refusal to assume the consequences of the suicidal policy of the Netanyahu government, which led him to a direct confrontation with the entire Resistance Axis, not to say with Russia. And most importantly, Israel wants to capitalize on Trump’s withdrawal from the Iranian nuclear deal to advance its main obsession, much older than the Syrian crisis, namely Tehran’s ballistic program, which it wants the West to end with, exploiting the perennial nuclear pretext – let us remind that the manufacture, possession and use of nuclear weapons are unlawful in Islam according to Imam Khomeini and Ali Khamenei, supreme authorities in Iran. Netanyahu has made it clear that a war with Iran is inevitable, and that it would be better to happen now than later. Since 2005, he vainly strives for the United States to launch it for him, but no negotiation, sanction or aggression will ever deter Iran from its course. And just as the Israeli strikes on April 9, which were supposed to encourage Washington, London and Paris to conduct severe strikes on Syria, ended in a bitter failure, Israel only worsened its own situation yet again and finds itself alone in the face of the disastrous consequences of its actions, to the extent of the blind arrogance that triggered them.

What about Russia? Netanyahu’s presence in Moscow for the commemoration of the 73rd anniversary of the USSR’s victory against Nazism, and reports that Russia would not deliver the S-300s to Syria, must not mislead us. Russia has invested far too much in Syria to allow anyone – be it Washington, Tel Aviv, Riyadh or Ankara – to reduce its efforts to nothing. Moscow said it would no longer tolerate Western strikes against Syria in case of a new chemical weapons masquerade, and that it is ready to provide Damascus not necessarily with the S-300 anti-aircraft system, but, according to Sergei Lavrov, with “whatever is required to help the Syrian army to deter aggression.” The current Syrian defense systems have already proven their worth – Including the Pantsir, which is much more suited to the needs of the Syrian army –, and allow to envision the day when Israel loses its only advantage, namely the air supremacy – that already was to no avail in 2006 against Hezbollah or 2014 against Gaza –, without which its supposedly “invincible” ragtag army would literally crumble. Israel’s use of ground-to-ground missiles for the first time, and the concentration of attacks on Syrian anti-aircraft defenses – IDF released the video of the destruction of a Pantsir S-1 system, probably inactive – proves that it is well aware of its limitations.

It is obvious that Israeli aggressions against Syria will be increasingly costly, both for the Israeli air force and for its internal military bases and population, because of the determination of Syria and its allies (Hezbollah and Iran) to respond to any aggression, of their experience and new capabilities, and of their successes on the ground. The Resistance Axis – of which Russia is not a part – is now able to face Israel directly on its own, with a united front and without fear of escalation. As for Israel, already overwhelmed by the peaceful demonstrations in Gaza that must culminate on May 15, it is not ready for war against a single member of the Resistance Axis, let alone against several of them simultaneously. The new equation imposed by the Syrian army on May 10 is more fearsome for Israel than the prospect of the loss of another F-16, as Damascus has shown its determination to wage war on enemy territory, and to strike the Zionist entity in its depth.

The Resistance Axis will soon have its eyes fixed on the occupied Golan, that Syria has never given up liberating by armed struggle – a right conferred by international law itself, this territory being recognized as Syrian by all the international community: any Syrian operation there is a legal and legitimate act of resistance against Israel’s 1967 aggression in and subsequent occupation, even without further provocation. As early as May 2013, Hassan Nasrallah announced Hezbollah’s participation in the opening of a new frontline in Golan. In March 2017, the Golan Liberation Brigade was formed by Iraqi Hezbollah, Harakat al-Nujaba, a movement backed by Iran and involved in the liberation of Iraq and Syria from ISIS. Today, Syrian strikes in the occupied Golan unquestionably open up a new chapter in the history of the Israeli-Arab wars, in which Israel will increasingly be forced into a defensive position. Are we going to see the IDF building a wall on the border of the occupied Golan to hinder any future invasion, as is already the case on the Lebanese-Israeli border to prevent Hezbollah’s promised incursion into the Galilee? Anyway, the next war against Israel will drastically change the map of the Middle East.

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